COVID, INFERTILITE ET AMP

Les mots pour le dire.

Depuis le 12 mars dernier par un communiqué de l’Agence de Biomédecine, nous avons dû brutalement interrompre les activités en AMP.

Cette décision d’urgence liée à la situation épidémique du Covid 19 a entrainé un arrêt immédiat des nouvelles tentatives d’AMP avec l’impossibilité de répondre à la demande des couples infertiles, que ce soit pour les tentatives elles mêmes mais également pour leurs venir en aide en les recevant en consultation.

Nous avons dû surmonter des craintes communes : arrêter nos consultations, nos conseils, notre combat quotidien contre l’infertilité des couples. Tout ce ceci dans un contexte où toute la société a vacillé.

Après la sidération du départ, nous avons repris contact avec les couples par l’utilisation de la téléconsultation : une expérience inattendue, personnellement très enrichissante.

Cette solution nous a permis de développer ce nouveau mode de consultation et communication, les couples ont continuer ainsi avec leur projet parental, les soignants en assurant leur présence.

Maintenant, proche de la date du déconfinement, un autre combat pour les soignants et biologistes de la reproduction :  participer auprès des autorités de tutelle à l’ouverture des centres d’AMP sans trop de délai d’attente.

Faire comprendre aux autorités administratives, que l’infertilité mérite toute la considération et toute sa place dans le contexte sanitaire actuelle en gardant les mesures de précaution préconisées.

La société Européenne ESHRE en date du 23 avril préconise l’ouverture de l’AMP et donne des recommandations ; le Danemark a commencé la prise en charge, l’Espagne, l’Italie devront suivre. 

La France ne doit pas être le dernier pays à autoriser l’ouverture des centres, les professionnels de la médecine de la reproduction sont en capacité d’assurer la mise en route des techniques d’AMP.

Certaines patientes sont inquiètes de leur perte de chances de grossesses en raison de leur âge (42 ou 43 ans), ainsi que de la limite de prise en charge par l’assurance maladie. A ce propos, des mesures peuvent être envisageables auprès de la sécurité sociale.

Plus que jamais, les soignants et biologistes nous demandons aux autorités administratives : Agences Régionales de Santé et Direction Générale de la Santé d’avoir un regard sur la problématique de l’infertilité du couple qui est définie par l’OMS comme une maladie et permettre une reprise rapide des activités d’AMP.

CITATION OMS :

« La santé reproductive, qui s’inscrit dans le cadre de la santé telle qu’elle est définie par l’OMS [1], s’intéresse aux mécanismes de la procréation et au fonctionnement de l’appareil reproducteur à tous les stades de la vie.

Elle implique la possibilité d’avoir une sexualité responsable, satisfaisante et sûre ainsi que la liberté pour les personnes de choisir d’avoir des enfants si elles le souhaitent et quand elles désirent.

Cette conception de la santé génésique suppose que les femmes et les hommes puissent choisir des méthodes de régulation de la fécondité sûres, efficaces, abordables et acceptables, que les couples puissent avoir accès à des services de santé appropriés permettant aux femmes d’être suivies pendant leur grossesse et offrant ainsi aux couples la chance d’avoir un enfant en bonne santé. »

[1] un état de complet bien-être physique, mental et social, et [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.

Dr Silvia ALVAREZ
Gynécologue Accoucheur
Infertilité du couple.
Présidente Sampil, Staffs
AMP Paris Ile de France
Membre du bureau CCP :
Collectif des Centres Privés
en AMP français.


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