Alimentation, santé des couples et infertilité

Afin de participer à améliorer la fertilité du couple il est capitale d’informer sur les conséquences de l’alimentation déséquilibrée sur la fertilité, la grossesse et la santé future des enfants.
Voici le sujet principale d’ouverture de la réunion internationale ESHRE à Vienne en juin 2019.

Dr Silvia Alvarez 

Retour Eshre 2019

Quand le hamburger menace l’ovocyte :

Pre and early pregnancy diet is associated with infertility and health in pregnancy C Roberts

La grande messe européenne annuelle s’est ouverte ce 24 juin sur les données provenant de l’étude SCOPE ( Screening for Pregnancy Endoint cohort study). Il s’agit d’une étude prospective multicentrique internationale incluant 5628 femmes enceintes primipare entre 14-16 SA, à bas risque pour la prématurité, l’hypertension, la pré éclampsie , le petit poids de naissance. Leur alimentation était évalué concernant les apports en fruit ( >3/j , 1-3/j, 1-6/sem, <1-3/mois) en légumes verts fruit ( >3/j , 1-3/j, 1-6/sem, <1-3/mois), en poisson ( >1/sem, 1-3/mois, jamais), en fast food (jamais, 0-2/sem, 2-4/sem, >4 sem) .

Les résultats mettaient en évidence qu’environ 9% de la population étudiée mangeaient moins de 3 fois par mois fruits et légumes, et plus inquiétant que 24,4% consommaient au moins 4 fois par semaine au cours du dernier mois des fast food. L’étude met aussi en lumière que plus la consommation de fruit est faible plus le délai à concevoir est long ( + 0,6mois) , et à l’inverse pour les fast food, plus leur consommation est fréquente plus le délai s’allonge (+0,9 mois). La probabilité de concevoir dans l’année était presque deux fois inférieur lorsque les patientes consommaient au moins 4 fois par semaine du fast food ( RR 0,59). L’alimentation préconceptionnelle joue non seulement sur l’obtention de la grossesse mais aussi sur son bon déroulé. La consommation en pré conceptionnel de fast food au moins 3 fois par semaine augmente par 2,45 le risque de faire un diabète gestationnel alors que la consommation d’une portion de légumes verts par jour diminue le risque de diabète gestationnel de 37%, et du risque de faible poids de naissance de 27%. La consommation de fruit au moins une fois par jour quant à elle diminue le risque d’accouchement prématuré de 34% et de faible poids de naissance de 28%. Ces chiffres se maintiennent quand on évalue le risque en fonction de l’alimentation au cours de la grossesse.

Ils ont aussi constaté que l’existence d’un syndrome métabolique aggrave l’effet de l’index de masse corporelle sur le risque de complications au cours de la grossesse, sur le risque d’être infertile avec un RR à 1,62.

Ces travaux nous rappellent ô combien il est important d’éduquer les patientes sur l’importance d’une alimentation équilibrée pour leur fertilité et l’évolution de leur grossesse et la santé des enfants à venir.

Dr Laetitia JACQUESSON


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